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Memoranda.

Les jours lumineux de nos fiançailles,
Les beaux jours que rien n’est venu ternir,
Mon cœur, ô mon cœur, comme tu tressailles
             À leur souvenir !
 
Ô la triste vie, ô la vie amère,
Comme j’ai souffert avant ces jours-là !
Hélas ! à part toi, ma mère, ma mère.
             Qui me consola ?
 
Songes-y, mon cœur, ô cœur fier de battre,
Songe à ce passé plein de désarroi.
Les remords confus qui hantaient mon âtre,
             Rappelle-les-toi !
 
Et toute ma vie et ses équivoques,
Mes longues erreurs à travers l’amour,
Il faut, ô mon cœur, que tu les évoques
             Chacune à son tour.
 
Car elle a tout su des maux que tu caches.
Un par un compté mes pas inquiets,
Et tu serais, toi, le dernier des lâches
             Si tu l’oubliais.

Amour breton (1889)

#ÉcrivainsFrançais

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