II.
 
J’ai vu les coeurs peu rebelles,
Les grands guerriers tourtereaux,
Ce qu’on appelait les belles,
Ce qu’on nommait les héros.
Ces passants et ces passantes
Éveillaient mon grondement.
Mes branches sont plus cassantes
Qu’on ne croit communément.
 
Ces belles, qu’on loue en masse,
Erraient dans les verts préaux
Sous la railleuse grimace
De Tallemant des Réaux.
 
Le héros, grand sous le prisme,
Était prudent et boudeur,
Et mettait son héroïsme
À la chaîne en sa grandeur.
 
Dans la guerre meurtrière,
Le prince avait le talent
D’être tiré par-derrière
Par quelque Boileau tremblant.
 
La raison d’État est grave ;
Il s’y faisait, par moment,
De crainte d’être trop brave,
Attacher solidement.

Les chansons des rues et des bois (1865)

#ÉcrivainsFrançais

  • 0
  • 0
  •  
  •  
Login per commentare...
Email

Altre opere di Victor Hugo...

Alcuni poeti che seguono Victor Hugo...

Ada Zoe fabian solano medina Gonzalo Oto Sanders Gregorio H. Angélica