Quand la mort sur mes seins posera ses balances
J’espère, jours d’amour que vous l’emporterez
Sur les jours où mon cœur battant dans le silence n’éveille que l’écho pour me désespérer
 
J’espère que ma bouche à tels baisers soumise
En vain n’aura jamais affronté ces baisers que les nuits où l’amour déchira ma chemise se déchiraient aussi pour nous éterniser
 
Mais les jours de tristesse où le branle des cloches
Du donjon de mon cœur résonne à mon poignet
Comme une pièce fausse au fond de quelque poche
Se rouille et tinte encore un agaçant regret
 
Je débarque en un port sans phare et sans vigie
Où je découvre au fond d’un boulevard venteux
Mes éternels désirs brûlant en effigie
Sans étincelles sans chaleur presque sans feu
 
Et je pénètre alors dans les châteaux farouches où des miroirs d’oubli semblent se refléter de corridor en corridor et si ma bouche veut boire c’est aux flots magiques du
Léthé
 
Autour des hauts parloirs ainsi que des armures
Mes beaux jours alignés rêvent aux anciens temps
Et soudain surgissant des sombres encoignures
Des cloches par milliers agitent leurs battants
 
Et parallèlement le bronze heurtant le bronze
Entoure la rêveuse avec de durs barreaux
Tels que pour
La
Ballue en eût rêvé
Louis onze ou
Bostock pour ses lions
Lili pour ses oiseaux
 
Infranchissable cage aux murailles sonores
Je trouve en mon tourment son remède et rétrier bourdonne moins que ce royaume sans aurore
Cette forêt de sons et ce bruyant désert
 
Et défiant la mort sa faux et ses balances
Bien sûre, jours d’amour, que vous emporterez sur les jours où mon coeur vibre dans le silence mon propre oœur est seul à me désespérer

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